Ce matin, un éboueur m'a dit : "Seigneur ! Félicitations Madame ! Les gens comme vous, c'est rare !". Pourtant, j'ai simplement ramassé le caca de mon chien (il existe pour ça des petits sacs spéciaux), j'ai demandé pardon à ce monsieur afin de ne pas le bousculer en jetant le sac à caca dans la poubelle, puis je l'ai remercié (parce qu'il m'a laissé passer). Et le tout avec un sourire (parce qu'il avait l'air sympathique). Voilà, rien d'extraordinaire, j'ai été polie et civilisée. Et j'ai eu le droit à des félicitations pour ça.
C'est dingue ! On vit dans un monde où les gestes de base sont devenus rares. Il faut croire que j'aurais dû laisser mon chien crotter en faisant comme si je n'avais rien vu, puis gueuler 3 mètres plus loin parce que j'aurais marché dans la merde d'un autre chien, et puis bousculer l'éboueur, sans le calculer une seule seconde, et tout ça en faisant la gueule...
Mais beurk, je n'ai pas envie d'être comme ça !
Paris m'agace. Paris m'éblouit, Paris me fascine, mais il y règne depuis une dizaine d'années un je ne sais quoi qui définitivement m'agace. Un pseudo parisianisme qui m'insupporte. Une incohérence qui m'éloigne.
Alors je rêve d'une maison à la campagne (ce qui est très parisien, je vous l'accorde).
Attention, je ne dis pas que je rêve de partir vivre à la campagne ! Il y a une grande nuance. Je ne suis pas zinzin !
Attention, je ne dis pas non plus que je veux une maison de vacances ou pour le week-end (ce que pense naïvement la majorité de mes amis), parce que cela implique de devoir se taper les incrustes des parisiens qui sont incapables de bouger leur cul pour passer prendre un café chez toi (c'est compliqué, il faut s'organiser), mais capables dès qu'il y deux rayons de soleil de faire des kilomètres pour mettre les pieds sous la table en attendant le barbecue. Non, non, non.
Pas du tout.
Je veux une maison à la campagne pour y vivre la moitié du temps. Je veux pouvoir respirer un air un peu plus sain. Je veux pouvoir être au calme. Décompresser. Je veux rencontrer des gens qui vont me parler de choses nouvelles. Je veux ne pas avoir à me soucier de paraître, mais juste d'être. Je veux du silence. Je veux du vert. De la pierre. Du bois. Je me demande même si je ne veux pas une nouvelle façon de vivre (ce qui n'a rien à voir avec une nouvelle vie, car la mienne est bien cool).
J'ai changé ma voie, je change petit à petit mes habitudes alimentaires, je réfléchis différemment, je me débarrasse petit à petit de ce qui ne me convient pas, j'ai des nouveaux projets, alors cette maison secondaire n'a rien d'un caprice, mais bien d'une continuité, logique et normale.
2012 est censée être une année de grands changements, de cycles qui se terminent pour que d'autres puissent commencer, et franchement, alors que tout cela me faisait doucement rigoler, je me rends compte à quel point c'est vrai.
Sur cette réflexion métaphysicospiritoparigotêtedeveaucequetuveux, je retourne à mes rêves de douceur et de paix.